Rencontres locales

Rouen, Musée des Beaux-Arts

La scène punk à Rouen (1976-2016)

Cette dix-huitième journée d’étude s’inscrit dans le cadre du projet de recherche (Punk is not dead. Une histoire de la scène punk en France 1976-2016), soutenu par le programme Intelligence des patrimoines du CESR, THALIM et l’ANR. Dès 1976, le punk est en France un phénomène total. La montée de sève qui propulse sur scène des groupes à peine formés et déjà célèbres à l’échelle de leur quartier, de leur ville ou de leur région montre combien le mouvement ne se limite pas à un phénomène parisien, même si la capitale constitue un centre de gravité qui attire ou au contraire qui suscite méfiance et défiance.

La Normandie n’échappe pas à ce mouvement. Mieux, le territoire normand en constitue l’un des creusets, notamment avec Rouen. Le cœur de la naissance de la scène rouennaise, c'est le magasin de disques Mélodies Massacre, dans lequel on vient découvrir les Buzzcocks, les Sex Pistols, Clash. Avec l'arrivée du punk anglais, une ambiance et un esprit poussent certains Rouennais à faire de la musique, à créer des labels et des fanzines (Sordide Sentimental, Blameless Act), pendant que d’autres organisent des concerts avec fraîcheur et spontanéité. La première génération, celle des Olivensteins, a la singularité de défricher et de durer. Autour des Dogs et des frères Tandy, des groupes se font et se défont : les Rythmeurs, les Gloires Locales, les Flics, les Vermines, Nouveaux Riches, Coolies, etc. Dans les années 1990, la perméabilité des groupes et les échanges de musiciens inter-groupes perdure : Gonokox, Taplesouk, Budz, Sid et les vicieux, Molaire, Yplon, Pleûm, etc. La scène des années 1990 décolle autour du magasin de disques Katakomb ainsi que de l'association Zâr qui organise des concerts au bar le 125e rive gauche et dans la salle Louis Jouvet, avant que se développe l’activité alternative et culturelle du squat Chez Émile, devenu un lieu central de vie et de concert jusqu'en 2000. Aujourd’hui, la culture punk perdure avec des groupes comme Perm 36 ou les Rejetons de Quasimodo, et toujours à travers l’activité des associations, des espaces contestataires et des lieux de répétition et de concerts comme le Kalif, la KeponTeam, La Conjuration des Fourneaux, le 3 Pièces, l’Oreille qui traîne, De bruit et d’encre, etc.

Cette journée d’étude questionne donc les enracinements rouennais du punk tant du point de vue de leur singularité, de leur originalité géographique et culturelle que de celui des influences et tensions entre centre et périphérie. Elle cherche également à éclairer l’activité punk dans la ville et dans la région de Rouen, à questionner la spécificité et l’identité propre du punk rouennais et de ses ancrages normands, et à s’interroger sur les transferts culturels qui participent d’une traduction du punk à l’échelle locale, voire régionale, sans oublier les rivalités et porosités entre villes et réseaux de musiciens et d’acteurs (Rive droite/Rive gauche, Rouen/Le Havre, Rouen/Caen, Rouen/Paris).

17

mars 2018

Cette journée d’étude cherche à questionner les enracinements rouennais du punk tant au point de vue de leur singularité, de leur originalité géographique et culturelle, que de celui des influences et tensions entre centre et périphérie.

Affiche

Programme

Murielle Grazzini — Ouverture

Luc Robène et Solveig Serre — Pour une histoire de la scène punk en France (1976-2016)

Estelle Girard et Christophe Pécout — L'aventure punk en Normandie depuis 1976 : éléments contextuels

Flavien Bertran de Balanda — Être négatif ? Regards sur le punk normand

Table ronde — Être punk à Rouen depuis 1976: Généalogie

Philippe Gonin — Différent ? Les Dogs entre énergie punk et héritage sixties

Table ronde — La scène punk à Rouen : du Chartreux (avril 1977) au 3P (avril 2018)

Table ronde — La scène au squat chez Emile et la scène actuelle